Ou comment l’audiovisuel est devenu la plus grande fabrique de Mantras-Lâches
Il y a des mots qu’on n’entend plus beaucoup. Des mots qu’on évite, qu’on contourne, qu’on remplace par des formules plus douces, plus digestes, plus « professionnelles ». La probité est l’un d’eux.
Pourtant sa définition est d’une clarté désarmante, voici ce que j’y lis : rigueur et exactitude à serrer la vérité au plus près. La probité de l’âme, de la pensée, des paroles et des actes. La capacité à faire preuve d’une honnêteté radicale envers soi-même – pour son bien et le bien des autres.
Simple. Exigeant. Rare.
Les Mantras-Lâches : quand la lâcheté devient sagesse populaire
Mieux que les Pokémon : vous les connaissez tous !
Vous les avez entendus. Vous les avez peut-être même prononcés un jour, sans y penser :
« C’est le business. »
« C’est un monde de requins. »
« C’est comme ça que ça marche. »
« Faut jouer le jeu. »
« On y peut rien. »
« C’est la nature humaine. »
« Ca a toujours été comme ça. »
« Moi j’ai jamais eu de problème avec cette personne. »
« J’étais pas au courant. » (Ben voyons… c’est cela oui…)
Je les appelle les Mantras-Lâches.
Ce ne sont pas des constats lucides sur la réalité. Ce sont des incantations. Des petites formules répétées en boucle jusqu’à ce qu’elles deviennent des vérités intouchables. Des sorts collectifs qui transforment la complicité en réalisme, la lâcheté en pragmatisme, et l’abdication morale en intelligence professionnelle.
Le problème avec les Mantras-Lâches ? Ils fonctionnent. Ils endorment. Ils normalisent. Et ils se transmettent – de génération en génération, de secteur en secteur, jusqu’à ce que personne ne se souvienne plus pourquoi on avait commencé à les prononcer.
L’audiovisuel : la plus grande fabrique de Mantras-Lâches au monde
Et si le vrai sujet n’était pas les individus qui reproduisent ces schémas – mais le système qui les leur a appris ?
Parce que les Mantras-Lâches ne naissent pas dans le vide. Ils sont produits, scénarisés, diffusés, normalisés à grande échelle. Et l’audiovisuel en est la chambre d’écho la plus puissante qui soit.
Regardons honnêtement ce qu’on fabrique et diffuse :
Les téléréalités dont la majorité des mécanismes reposent sur un principe simple : faire gagner la personne la plus prête à tout – tromper, mentir, nuire – pour remporter la mise. Et on applaudit. On vote. On regarde la finale.
Les fictions qui glorifient le personnage sans scrupules, le winner qui a su « jouer le jeu », le winner qui a su « faire des choix difficiles » – comprenez : sacrifier les autres sur l’autel de son ambition personnelle.
Les documentaires et reportages qui mettent systématiquement en valeur ceux qui ont appliqué ces Mantras-Lâches à la lettre – comme si la réussite financière était la seule preuve de légitimité.
Les émissions et journaux qui traitent l’information avec les mêmes biais : glorifier les puissants, invisibiliser les autres.
Ce n’est pas un hasard. C’est un écosystème cohérent qui se nourrit de lui-même et qui produit exactement ce qu’il veut produire : des spectateurs convaincus que c’est comme ça que ça marche. Des futurs professionnels qui reproduisent les mêmes schémas parce que c’est tout ce qu’ils ont vu « réussir ».
Le mécanisme de reproduction
C’est ainsi que naissent chaque semaine de nouvelles structures – sociétés de production, collectifs, « structures innovantes » – portées par des gens sincèrement convaincus que le chemin vers la réussite passe par les mêmes méthodes qu’avant : vendre fort, vendre vite, faire financer sa vision par le public avant même d’avoir prouvé quoi que ce soit.
Ce n’est pas de la malveillance pure. C’est du mimétisme.
Ils ont regardé. Ils ont appris. Ils reproduisent.
C’est la loi du sacrifice dans toute sa splendeur : quelqu’un paie toujours. Et ce quelqu’un, c’est rarement celui qui encaisse.
2026 : la fin des excuses faciles !
Mais voilà ce qui change cette année – et c’est là que ça devient intéressant.
Nous avons maintenant tous les outils pour voir. Les archives existent. Les bilans sont publics. Les historiques de projets sont vérifiables. L’information circule.
Adhérer encore à ces systèmes, les reproduire, les financer, les protéger par son silence : c’est aujourd’hui un choix pleinement conscient. Plus une ignorance. Plus une naïveté.
Et un choix conscient appelle une responsabilité consciente.
Ce n’est pas un jugement. C’est un constat.
Ce que la probité construit, vraiment
Je ne vais pas vous mentir : tenir sur ses valeurs dans ce secteur a un prix. Et parfois ce prix est très concret : projets bloqués, noms utilisés sans consentement, argent détourné par d’autres pendant que vous portez la facture. Oui. Ça arrive. Et oui, je sais de quoi je parle.
Pourtant.
J’ai écrit et réalisé un film primé qui existe, qui vit, qui a été reconnu. J’ai produit des podcasts, pour d’autres d’abord, puis le mien. Et cette année, un nouveau projet de production arrive. (Annonce exclusive ! La suite très bientôt. 👀)
J’ai transmis des savoir-faire réels : parce que je les ai pratiqués avant d’oser les enseigner. Pas volés. Pas copiés. Construits.
La probité n’est pas une naïveté. C’est une stratégie à long terme.
Les gens biens existent encore
Ils sont moins bruyants. Moins visibles. Ils ne font pas d’appels aux dons pour financer leur lifestyle. Ils construisent, produisent, transmettent, créent ; avec leurs propres mains et leurs propres moyens.
C’est pour eux, et pour vous si vous vous reconnaissez ici – que je continue. Que je transmets. Que je construis des outils concrets pour avancer autrement.
La suite arrive très bientôt. 👀
#MantrasLâches #Probité #changement #audiovisuel #tenirbon

